CAHIER

 

 

2019 Bottega Informel / 2020 Recherche Sens Signes / 2021                                                                                                  Note

J’ai commencé ce cahier en 2019 lorsque j’ai ressenti le besoin d’enregistrer des notes intimes et rapides. J’avais besoin de rassembler idées, observations, études qui m’ont nourri dans ce première Bottega Informel que j’ai commencé à fréquenter.

Dès le début, ma peinture ne venait ni du chevalet, ni du pinceau. En fait, j’ai commencé à peindre sans motifs prédéfinis et en me basant sur l’inspiration du moment libre de couches denses de couleur ridée et irrégulière, étalées avec des gestes rapides et instinctifs.

J’ai ensuite relié le corps de la couleur à une matière tactile hétérogène – pauvre, récupérée, usée par le temps et l’usage – des voiles modulants et de grandes congrégations matérielles dans un même espace qui, en certains points, réapparaissent presque pour dilater la surface de la toile.

Ma performance se consume rapidement avec le séchage de la couleur acrylique.

Dans mes actions, je me sens libre d’accumuler puis de graver, gratter, couper, brûler, blesser, perforer le matériau; en explorant uniquement les tissages, les trébuchements, les collisions de Senso et Signs.

D’où des espaces et atmosphères immatériels au-delà des formes reconnaissables.

En créant cet alphabet visuel indéchiffrable – d’une liberté et d’une facilité d’exécution extraordinaires-, la cohérence physique de l’œuvre et la corporéité de la lumière, dont les valeurs expressives et esthétiques sont représentées par les couleurs et les matériaux utilisés, acquièrent une importance primordiale.

Ainsi, au premier plan, un corps tactile-visuel apparaît vidé de tout résidu formel qui contient son propre non-temps, comme s’il avait parcouru un long voyage indéfinissable.

Réalité complètement autonome et autosuffisante, libre et sans références historiques ou sociales, dans laquelle que la rencontre-comparaison-croisement chacun peut suivre son souffle.

Je considère donc mes œuvres comme des contenants ouverts et inattendus à la disposition de ceux qui veulent parler, questionner, s’inquiéter pour moi

sur le sens de la vie, renouvelant le caractère contemporain de la peinture à chaque événement.

Jusqu’à présent, un espace pictural en cours de «fabrication» qui a pour dénominateur commun la physicalité et la corporéité. Plus tard, j’ai commencé à réfléchir à l’apport de la nature pour achever l’œuvre qui est ainsi exposée au vent, à la pluie et au soleil, pour combiner nature et culture, vie et histoire.

Encore une note. En relisant ma créativité, je ne peux reconnaître que la trace parallèle de la recherche d’une vérité intérieure. Les titres des tableaux placés à la fin de l’œuvre retracent en effet une trace invisible des raisons de la psyché et, en particulier, des expressions personnelles qui, de temps en temps, ont marqué des moments de transformation intérieure et d’interpénétration toujours plus grande du monde environnant, maintenant une dimension originale, une identité qui lui est propre.